Le retour au sol, maillon incontournable de l’économie circulaire des matières organiques

À l’occasion de notre Assemblée générale organisée le 12 mars à Paris, nous avions à cœur de proposer un temps de partage entre les Agriculteurs Composteurs de France, nos partenaires techniques et institutionnels sur un thème central : la qualité du retour au sol, maillon central de l’économie circulaire des matières organiques.

Grâce à des intervenants clairs et engagés, nous avons pu prendre de la hauteur sur un sujet qui anime notre quotidien.

Aline Granjard, nous a présenté l’association European Compost Network, interlocuteur de la Commission européenne et des Parlementaires sur les questions de retour au sol. Elle porte la voix d’une vingtaine de structures représentants 4500 sites de valorisation par compostage ou méthanisation en Europe. Elle nous a ensuite présenté les principales politiques communautaires et le positionnement d’ECN, finalement très proche d’ACF. ECN accompagne ses adhérents pour promouvoir un compost de qualité au travers du référentiel ECN QAS garantissant les bonnes pratiques et la qualité des matières produites.

Orlane Godard, de l’AFAIA, a montré comment les produits résiduaires organiques s’annoncent comme des solutions incontournables dans les plans de fertilisations de demain. Les produits résiduaires organiques (PRO) sont des solutions concrètes de recyclage local de matières organiques et de fertilisation des sols. Bien que les règles soient régulièrement renforcées pour garantir l’innocuité des produits et la qualité du retour au sol. Leur usage est néanmoins encouragé : interdiction des engrais de synthèse dans les jardins, espaces végétalisés et infrastructures en 2027 ; construction d’un mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières (MACF).

Emmanuelle Ledoux de l’Institut National de l’Économie Circulaire (INEC) a démontré combien l’économie circulaire était une solution, mais confrontée à de nombreux obstacles. Contrairement à l’effondrement de la biodiversité ou au changement climatique, la finitude des ressources ne fait pas débat. Et pourtant, la part de l’économie circulaire dans l’économie mondiale régresse. Seuls des chocs impactant fortement les prix et générant des ruptures de chaîne d’approvisionnement ont un impact favorable. La rentabilité à court terme prévaut toujours.


Enfin, Simon Deschamps, sur l’exemple du modèle construit par les Dividendes Climat, a montré comment nos actions pouvaient être valorisées au-delà de leur contribution économique, auprès de partenaires, notamment les financeurs (banques, investisseurs), des collaborateurs ou des clients..
Pour chaque activité, une méthodologie d’évaluation des impacts évités est élaborée, base d’un  système de certification. Il n’y a pas d’objectif de revente comme pour les crédits carbone mais la possibilité de le faire valoir. Un travail est en cours sur la valorisation des déchets.

Un grand merci à nos intervenants qui ont contribué à la réussite de cette journée.